Sunday, October 22, 2017

Dax en finale

Dax en finale 8

ProD2 2007

mardi, 07 août 2007 22:32 Written by
Bordeaux - Stade Chaban-Delmas - Temps couvert puis ensoleillé - 23 000 spectateurs environ
Arbitre M. Poite (Midi-Pyrénées)
DAX bat LA ROCHELLE par 22 à 16
US DAX: 3 E (Deniau (12e), Hiriart (27e), Auelua (37e) 2 T (Maillard 12e, 27e) 1 P (Maillard 63e)
La ROCHELLE: 1E (Mercier 23e), 1 T et 3 P (Merceron 2e, 11e, 20e)
DAX : Lasagavibau, Tutard, Roque, Courtade, Hiriart (Diaz 41e), (o) Maillard (Argel 72e), (m) Pezet, Milhères (Alexandre 72e), Auelua, Deniau (Tournier 41e), Berek (c), Mazel (August 76e), Boyoud (Ménieu 52e), Pedrosa (Bonet 52e), Brugnaut
LA ROCHELLE: Tales (Leobet 72e), Mercier (Tales 73e), Fior (Stuart 47e), Venayre, Ninard, (o) Merceron, (m) Ferrou, Jacob, Carmignani (Djeballi 54e), Vaquin, Levast (Samson 61e), Mohr (c), Leupolu(Gouagout 54e), Albinet, Bares (Labbe 52e)
Aux Dacquois la timbale
C'était une belle journée pour monter. Vu de Dax, surtout. L'USD, six ans après l'avoir quitté, va en effet retrouver l'élite la saison prochaine, ce Top 14 que le club landais n'a jamais fréquenté, lui qui avait été chassé en 2001 d'un Top 16 encore sujet aux poussées d'acné pour plonger vers l'inconnu et cette deuxième division professionnelle qui prend d'année en année de l'épaisseur. Sincèrement, sur la rencontre d'hier et ce barrage d'accession en forme de timbale, les Dacquois ne l'ont pas volé. A croire qu'il ne faut surtout pas un bouclier au bout pour que les "rouge et blanc", maudits du Brennus (1), remportent une finale...
Oui, c'était une belle journée pour monter. Encore que, à l'inverse de son hôte aquitaine, La Rochelle a d'abord dû "descendre" vers Bordeaux pour peindre Chaban-Delmas à 50 % en jaune et noir et tenter de bousculer l'ordre établi. Mais ce championnat de Pro D2 a été jusqu'au bout d'une logique implacable. Après Auch, leader absolu et champion incontesté, voici donc Dax, dauphin de la saison régulière élu en devançant d'un rien, « comme souvent dans ce championnat acharné » (dixit Jean-Philippe Coyola, le co-entraîneur dacquois), le troisième de cette folle année.

Une belle journée. Une belle journée, oui. Qui a longtemps hésité entre les violentes ondées maritimes et le soleil des ferias. Jusqu'au coup d'envoi, où seul le vent de l'Atlantique est resté. Un signe ? Pas suffisant en tout cas pour inspirer les Rochelais au-delà des 20 premières minutes. 20 minutes de furia, ponctuées de trois pénalités de Merceron pour autant de percées dans le camp d'en face et seulement entachées d'une énorme boulette, co-signée Albinet et Mercier sur un renvoi anodin et aussi sec sanctionnée d'un essai par l'opportuniste Deniau. Négligence cruciale au regard du score final ? Ce serait abusif de le dire. D'abord parce que le même Mercier va vite donner à ses fans d'autres chats à fouetter en filant entre les perches conclure une magnifique action des siens, impulsée par un Vaquin fer de lance permanent de son pack hier.
C'est là sûrement, face au vent et ainsi malmené, que Dax a gagné sa "finale". En se souvenant de celle perdue l'an passé à Toulouse contre Albi (12-8) et « des regrets nés plus tard, un ou deux mois après », comme le résume Marc Liévremont, patron technique d'un club qui avait cette fois décidé de franchir le pas, avant le match. A voir tous ses grands anciens défiler dans le paddock après coup, d'Albaladéjo à August, en n'oubliant pas Bastiat, Bérot, Claude Dourthe et compagnie, c'est certain, Dax avait un pacte. « Oui, cette année, on a décidé de jouer notre chance à fond. On voulait monter. » De Milhères (pour son dernier match) à Maillard, en passant par entraîneurs et dirigeants, tous ont entonné le même refrain. Celui que les Rochelais, évidemment déçus mais pas tout à fait abattus, n'avaient visiblement pas décidé de claironner, à portée de Top 14.

Le choix du Top 14. Alors Dax va se lâcher. Son alignement plane, sa mêlée aborde le bateau maritime et sur un petit côté, Courtade régale et offre l'essai à Hiriart. Surtout, au bout d'une action à mille temps et d'une rigoureuse conservation du ballon digne du (très) haut niveau, le collectif landais permet au tonitruant Auelua d'emporter Ninard pour marquer l'essai qui change tout. Et propulser ainsi Dax vers son Graal.
Il reste pourtant une mi-temps aux Rochelais pour se retourner. Mais après le mur de l'Atlantique Nord en première période, c'est la version Sud qui s'érige après la pause. Parce que quand Dax manque de mater définitivement son opposant sur un modèle d'action en première main mal conclue par Lasagavibau et Diaz (47e), c'est La Rochelle qui voit sa dernière chance passer en même temps que la pénalité de Merceron, des 40 mètres en face, est ratée (53e). Même s'il faut trois pénalités à Maillard pour enquiller la bonne, le sort du match est scellé. Les Rochelais ont beau tout tenter, le Top 14 a choisi son camp. Celui qui l'avait choisi. Trop fort, Dax ne l'était sûrement pas. Plus fort, sur ce match, c'est à peu près certain.
Reste à ces deux clubs amis, presque frères, à finir en beauté dans ce stade parfumé aux phases finales, symbole de l'ampleur que prend cette deuxième division de plus en plus professionnelle. D'étreintes en embrassades, on verra même le public dacquois acclamer les joueurs rochelais. Et réciproquement. Oui, une belle journée pour monter. Et tel qu'on connaît les Dacquois, heureux redoublants désormais promus, sûr qu'ils ont déjà souhaité aux Rochelais de connaître la même, la saison prochaine.
(1) Battus à cinq reprises en finale du championnat en 1956, 1961, 1963, 1966 et 1973.
J.P. Dorian Sud Ouest 28 mai 2007

ProD2 2006

mardi, 07 août 2007 22:30 Written by
Toulouse (Stade Ernest Wallon Arbitre : M. J.Christophe Gastou (Provence)
Albi bat Dax par 12 à 8
SC Albi: 3 P (Manca) 1 D (Manca)
U.S.DAX: 1E (Courtade), 1 P (Diaz)
SC Albi:
Prats, Senio, Bowker, Sanchou, Jourdaine, (o) Manca, (m) Pagès, Marechal, Clément (c), Misse, Méla, Guicherd, Viol, Saby, Stankovich
U.S. Dax :
Diaz, Lasagavibau, Argel (Dabrin), Kéfu, Hiriart, (o) Courtade, (m) Carbonneau (Lesgourgues), Milhères, Alexandre, Tournier (Deniau), Bérek (c), G. August (Chemin), Boyoud, Pédrosa (Sallaberry), Rameau (Vukovic)
Avec les honneurs
La sixième finale de l'US Dax n'a pas été la bonne. Les rouge et blanc se sont inclinés, hier, dans un barrage de montée étouffant. C'est le mot. Car jamais le quinze albigeois n'a laissé respirer des Landais pourtant venus faire briller leur jeu d'attaque sous le grand soleil toulousain.
Le score(12-8), très proche de celui des deux demi-finales de Top 14 disputées ce week-end (12-9) confirme qu'en cette saison, c'est l'efficacité qui prime. En tête du début à la fin grâce à un pack dominateur, les Albigeois ont su assurer l'essentiel, pour rejoindre Montauban dans l'ascenseur vers l'élite.
Tous les observateurs attendaient d'ailleurs le SCA devant et les Landais au large. Le SCA a beau se faire pénaliser sur la première mêlée, ses prédictions n'ont pas tardé à s'avérer.
Même si l'arrière Prats fait passer le premier frisson parmi les quelques 4000 supporters rouge et blanc au bout d'une attaque renversée et stoppée à 10 mètres, la machine bien huilée du pack tarnais se met rapidement en route.
Rudesse. Contrés sur les trois premières touches, les Dacquois goûtent d'entrée à la rudesse des mauls adverses. Le premier d'envergure s'arrête à quelques centimètres de l'en-but.
Les avants de Marc Lièvremont résistent et leurs partenaires de derrière mettent une pression défensive qui donne de l'air à l'USD. Encore mieux, Rudolph Bérek et ses camarades s'essayent au groupé pénétrant et poussent les jaune et noir à la faute. En supériorité numérique, ils insistent par deux pénaltouches consécutives avant de perdre le cuir au moment de conclure.
Réduit à quatorze, le Sporting reprend le contrôle des opérations et ouvre même la marque sur la troisième tentative de pénalité de Frédéric Manca (3-0, 26e). Côté dacquois, le héros de la demi-finale remportée face à Auch sur la toute dernière transformation (28-27), Laurent Diaz, est moins en réussite. Il manque ses deux seules chances de la première mi-temps.
L'ouvreur albigeois en revanche, fini par trouver ses marques. Il profite de la domination de ses avants pour creuser l'écart d'un drop (35e) et une pénalité (39e) supplémentaires. A la pause, Albi a fait le break, sans génie offensif mais en empêchant la troisième attaque du championnat d'inscrire le moindre point (9-0).
Dès la reprise, les Tarnais remettent la pression. Un maul puis une attaque classique côté gauche échouent à quelques mètres mais la mire de Manca se dérègle à nouveau et Dax s'en tire bien. Très bien même, puisqu'à peine revenu dans le camps adverse, Diaz passe sa première pénalité (3-9, 55e).
Verrou landais. La domination territoriale reste toutefois à l'avantage d'Albi. Mais le verrou landais tient bon, même acculé au fond de son en-but. Frédéric Manca rajoute bien trois points (63e), mais ce n'est pas assez pour faire lâcher prise à l'USD. La preuve, sur une action bien mal engagée, Ludovic Courtade joue seul un petit côté, tape pour lui-même et aplati l'essai qui relance totalement les débats (12-8, 69e).
A cinq minutes du terme, plein champ cette fois, l'ouvreur dacquois et encore à deux doigts de faire la différence. Ceux de l'arrière tarnais, qui le retiennent de justesse, à quelques foulées du bonheur.
La marrée jaune et noir met un dernier coup de pression sous lequel l'USD recule jusqu'à ses barres. Sans craquer, mais sans non plus jamais revoir le ballon, que les Albigeois gardent au chaud jusqu'au coup de sifflet final qui les envoient tout droit au plus haut échelon du rugby hexagonal.
Sud-Ouest 05 juin 2006

Challenge Yves du Manoir

mardi, 07 août 2007 22:29 Written by
L'US DAX a remporté 5 fois le challenge Yves du Manoir
1957Dax  6  Montferrand 5 mai 1957 à Toulouse
Dax vainqueur au bénéfice de l'âge
P.Albaladejo - Susbielle - Othats (1E) - Bénédé - R.Albaladejo (o)Castra (m)Lasaosa - Labadie - Darracq (1E) - Dubois - Lapique - Lasserre - Bérilhe - Behro - Bachelé 
1959 Dax 12 8Pau   6 juin 1959 Paris (Parc des Princes)
Dussarps - .R.Albaladejo - Desperbasques - Othats - Dubosq (o).P.Albaladejo (4D) (m)J.C.Lasserre - Darbos - Contis - Darracq - Cassiède - Dubois - Bérilhe - Berho - C.Lasserre 
1969Dax2412Grenoble25 mai 1969 Stade de Colombes
.Saubesty - Wilhems - Dourthe (1E) - Laborde (1E)- Arrieumerlou (2E) (o)Capdepuy (m)JC Lasserre (3T) - Thomas - Dubergé - Darbos (1E) - Labadie - Bastiat  (1E) - Hoursiangou - Benali - Azarette 
1971Dax188Toulouse8 mai 1971 Stade de Colombes
Saubesty - Arrieumerlou (1E) - Dourthe - Freicha (1E+1D) - Oyarzun (1E) (o)Laborde (m)Capdepuy - Courrouy - Dubergé (1P) - Benali (1E) - Bastiat - Dutin - JC Luc - St Avit - M.Lucq 
1982Dax2219Narbonne5 juin 1982 Paris (Parc des Pinces)
 Sallefranque (1E+1P) - Gachet - Mangematin - Coyola (1E) (Freicha) - Bégu - (o)Lescarboura (1D+2T) - (m)Sarrade - Azarete - Vinsonneau (1E) - Bersans - Bayon (Napias) - Pendanx - Rusalen - Dezès - Sarthou 

1973

mardi, 07 août 2007 22:23 Written by
Toulouse (Stadium) Arbitre : M. Cuny
Tarbes bat Dax par 18 à 12
Stadoceste tarbais: 2E (Pécune,Biescas), 1T, 1P, 1D (Michel)
U.S.DAX:1E (Arrieumerlou), 1T (Duclos), 1P (Bastiat); 1D Freicha.
Stadoceste Tarbais:
Michel, Sillères, F.Marin, Pécune, Montagné, (o)Marty, (m)Save, Cabar, Paul, Leblanc, Senaç, Biescas, Abadie, A. Martin, Verdier
U.S. Dax :
Cazenave, Arrieumerlou, Lebel, Lux, Trémond; (o)Freicha, (m)Capdepuy, Benali, Vinsonneau, Courrouy, Dutin, Bastiat, Hoursiangou, Ibanez, Dudos.
Que de regrets !
Ils n'avaient cure les supporters dacquois et tarbais de cette hypothèse dressée par certains au dessus de cette finale et des regrets de ce genre : ah, si Béziers, si Narbonne, si Brive.
Et ils avaient bien raison ! Après la finale du Challenge du Manoir plus que médiocre, après l'incapacité corrézienne, la confirmation est venue. Le titre de champion de France ne peut échoir qu'à l'équipe la mieux au point techniquement et la plus fraîche physiquement à partir des seizièmes de finale. On attendait Dax auréolé de son prestige d'avoir sorti les deux "monstres", Brive (16 à 10) et Béziers (23 à 3). Ce fut Tarbes : oh combien mérité ! Le seul regret provient d'un Dax par trop méconnaissance, n'ayant pas véritablement tenu son rôle, s'en tirant finalement avec un écart de 18-12 flatteur. Les landais ne se retrouvaient pas en eux mêmes. Les Bigourdans s'étaient révélés à eux mêmes. Le jeune demi de mêlée Save était l'exemple tarbais alors que Freicha l'ouvreur d'en face était tout déconcerté.
On donnait Dax favori, en raison de ses performances antérieures. Aussi parce que l USD comptait dans ses rangs des personnalités auxquelles on accordait un crédit supérieur : Bastiat et Dutin, en avants, Lux en lignes arrières. Or les individualités si douées soient-elles ne peuvent s'exprimer que dans, par et pour l'équipe. Et cette équipe de Dax était curieusement désorganisée, pire même sans enthousiasme: le physique et le moral, le psychique, tout cela aboutissant à l'insuffisance technique. Bastiat paraissait survoler la masse des avants vêtus de rouge et de blanc. II la survolait en effet par quelques balles raflées au plus haut sommet de la touche, par une course solitaire de cinquante mètres, par un coup de pied gigantesque tel celui qui lui permit d'ouvrir le score de but en blanc. Le grave précisément c'est qu'il survolait, qu'on ne se regroupait pas autour de lui. Et l'on découvrait à l'inverse un Sénac, révélation de la saison dans cette spécialité, constamment épaulé et soutenu par Biescas et Paul, par Abadie et Verdier. Dutin mena quelques charges impressionnantes, en coup de boutoir suivant son style, mais en face on plaquait sec et bas, voir Leblanc, Paul et Cabar entre autres. Alors, du point de chute, la balte repartait le plus souvent de l'autre côté. Lux n'eut guère loisir de placer ses accélérations. Francois Marin et Joël Pécune étaient plus vifs que lui.
Trois hommes dans un quinze frappés d'impuissance en dépit de leurs velléités plus ou moins convaincantes. En face, tout un quinze. Cela se sentit dès l'engagement. Le tir au but initial de Bastiat en aurait peut être accablé d'autres. Les dispositions d'esprit des Tarbais n'étaient pas à la soumission, à la prudence, mais à la volonté de réplique. Et donc, l'ailier droit Montagné, une autre découverte de cette fin de saison, quitta audacieusement sa place classique, opéra comme un ouvreur ou un centre et Pécune, remarquable finisseur s'en alla au milieu des poteaux. C'était net, c'était tranchant, c'était un premier aperçu du ressort tarbais.
9-3 pour Tarbes à la mi-temps alors que les avants dacquois continuaient d'opérer en ordre dispersé et alors que leur ouvreur Freicha tapait aussi systématiquement qu'inopportunément. L'erreur stratégique apparaissait évidente et lorsqu'on libéra Freicha de consignes à contre-sens, il ouvrit de façon souvent irrationnelle, ne trouva pas le bon placement, ni le bon soutien de ses centres. Les Tarbais en profitèrent généralement. Ainsi arrive-til avec des jeunes joueurs qui n'ont pas encore maîtrise et maturité suffisantes, que l'on freine contre leur nature et puis qu'on lâche à contre courant.
Mais le vent dira-t-on. Ce Fameux vent d'autan défavorable en cette première mi-temps. Certes. Nous repensions à la devise de ce mensuel languedocien qui portait en en exergue : "L'Aüta que bufo un cop at més". Traduisez avec moi : "l'Autan qui souffle une fois par mois" En fait, il souffle plus souvent sur les plaines et les coteaux toulousains, mais sur le stade, il va de l'un à l'autre, d'une mi-temps à I'autre. Non, ce n'est pas la faute du vent pour reprendre une rengaine qui faisait voler les jupons. C'était la faute en cette deuxième moitié de match à la mêlée dacquoise qui perdit au total quatre balles sur introduction favorable. La perte la plus grave de conséquences fut celle qui bénéficia alors au demi de mêlée Save manœuvrant avec un culot et un à propos remarquables, mystifiant la troisième ligne landaise, perçant droit pour lancer le seconde ligne Biescas à l'essai. La cause était entendue. Il ne se trouvait plus personne pour plaider le dossier dacquois tellement il était démuni d'arguments. Et Save encore partit derrière sa mêlée amorça le mouvement sus la droite: c'était bouché. Un demi tour et voilà Michel, l'arrière, arrivé en Position d'ouvreur de l'autre côté ; un drop goal comme à la parade et le score montait à 18 -3. Un drop goal de Freicha puis l'essai conclu après un déboulé rageur d'Arrieumerlou continuant une jolie échappée de Capdepuy sur le côté fermé ne pouvaient servir aux Dacquois que de consolation. L'honneur était sauf, mais demeurait grande la déception.
Vraiment, l'on s'interroge. La première ligne dacquoise n'est pas seule en cause, mais l'ensemble ! Les attaquants dacquois, peut-on estimer qu'ils ont attaqué ? A vrai dire, l'USD n'arrive pas à bâtir sa doctrine, prise entre la liberté qu'on laisse à Dutin et Bastiat parmi les super-doués et la latitude que l'on n'accorde pas à ces jeunes que l' on appelle "les fils de Lasaosa". On regrette sincèrement qu'il n'en sorte que les éclairs d'un jour lorsque aux accents d'une banda explose la fiesta brava. Et puis, l'on retombe dans la somnolence des lendemains de liesse lorsqu'on va sur les bords de l'Adour, non pour y puiser le souffle vivifiant, mais pour disperser la migraine. Pourtant, les Freicha, les Cazenave et autres ont du rugby plein les doigts. Sans doute, court-il un peu trop d'araignées dans leurs jeunes têtes. Des araignées délivrez-les !
De R.Barran dans le Miroir du Rugby

1966

mardi, 07 août 2007 22:21 Written by
Toulouse (Stadium) Arbitre : M. Madelmont (Côte d'Argent).
28 803 entrées payantes; recette: 315 782 francs
S.U. Agenais bat U.S. Dax par 9 à 8
S.U. Agen: 1E: Lasserre, 1P 1D: Dehez.
U.S. Dax: 1E: Bénali, 1T: Saubesty, 1P: P. Albaladéjo
S.U. Agen :
Péchambert ; Mazas, Gruppi, Razat, Pomiès ; (o) : Dehez, (m) : Lacroix (cap.) ; Viotto, Zani, Sitjar ; Lasserre, Fort ; Paladin, Malbet, Lagiewski
U.S. Dax :
Saubesty ; Arrieumerlou, Dourthe, Sanz, Bénédé ; (o) : P. Albaladéjo (cap.), (m) : Capdepuy ; Bénali, Contis, P. Darbos ; Labadie. Cassiède ; JC. Lasserre, Bérho, Lucq
Dur, dur !
le ciel de Toulouse faisait un accueil honnête aux finalistes: les nuages étaient venus filtrer les ardeurs du soleil. Les Agenais, toujours forts de leurs vedettes Lacroix, Sitjar, Zani, Razat, Fort, Malbet, Dehez avaient fait "monter", depuis quelque temps, ce dernier de l'arrière à l'ouverture; sa botte y trouvait son compte. Gruppi, Pomiès, Viotto, Michel Lasserre, Palladin, Lagiewski étaient toujours là aussi. Le rapide ailier droit Mazas, l'arrière Péchambert, un jeune, grand et mince, étaient les seuls nouveaux à paraître pour la première fois en finale sous la bannière agenaise que tenait toujours d'une main ferme Pierre Lacroix. De la Finale de 1962, subsistaient Lacroix, Razat qui en avaient été les héros, Sitjar, Zani et Malbet. Méricq et Cavaillès.
A l'U.S. Dacquoise (meurtrie 2 années auparavant par la disparition accidentelle de E.Carrère, J.Othats et R.Albaladéjo), des jeunes étaient forcément apparus : l'arrière Saubesty, les attaquants Dourthe, Arrieumerlou, Sanz - fils d'un grand joueur basque - qui s'était signalé chez les juniors du T.O.E.C., le demi de mêlée Capdepuy, les avants Bénali et J.M. Lucq, presque tous venus de villages voisins. Les anciens restaient Bénédé à une aile, Contis et Pierre Darbos en troisième ligne, Cassiède, international, et Labadie en deuxième ligne, Christian Lasserre et Berho en tête de mêlée, enfin le célèbre ouvreur Pierre Albaladéjo qui avait, pour la circonstance, repris le capitanat. I1 était aussi le seul rescapé de l'équipe qui avait si largement perdu la Finale dix ans avant, dans ce même stadium toulousain. Celle de 1966, gagnée ou perdue, allait mettre un terme à sa très fructueuse carrière ; il en avait fait part, la veille, à son président, M. Dassé. Avec tous ces jeunes gens, les mérites de l'U.S. Dacquoise, parvenue aussi loin, étaient indiscutables.
Le sort ne s'occupe pas des mérites. Dax allait subir un handicap des plus rares en finale : le vent allait souffler contre l'équipe landaise dans l'une et l'autre mi-temps, ayant tourné complètement de sens cinq minutes avant la pause, amenant un cortège de nuages sombres.
La bataille pour le titre n'avait pas attendu autant pour virer à l'orage. Franco Zani avait été crucifié au sol mais, retrouvant ses esprits, il avait commencé la cueillette des fruits, en fond de touche, qu'attendaient Lacroix et Dehez, celui-ci se mettant à aiguiser son arme favorite. Mais, en face, on découvrait un botteur formidable qui ne manquait jamais la touche malgré les distances stupéfiantes recherchées, le tout jeune Saubesty.
Et puis, hélas ! Les premiers pugilats arrivèrent. La Finale était mal partie. Les Dacquois se trouvaient contenus dans leur camp. Albaladéjo usait du coup de pied en chandelIe sur un arrière qu'il pensait peut-être trop tendre, mais Péchambert ne se laissait pas surprendre. Lacroix tirait les ficelles presque sans cesse, aboyant aux fesses de la meute de sa voix de fausset qui perçait le bruit de mer de la voix populaire. Le ciel perdait de son bleu, tournait lentement au gris sombre.
M. Madelmont, l'un des "bleus" de la Finale, avait déjà senti l'odeur de la poudre et compris qu il fallait sévir. Ceci explique qu'à la dix-neuvième minute il n'hésita pas à punir Darbos pour une "cravate" à léger retardement sur Razat qui venait de dégager. Indiquée au point de chute du ballon, cette faute dacquoise se trouva avancée de trente bons mètres jusqu'au beau milieu de la ligne des 22 mètres d'où Dehez tira au but, frappa le poteau gauche et le ballon passa. Albaladéjo et Dourthe montraient une U.S. Dacquoise redressant la crête et qui, même, s'installait en camp agenais. Péchambert était, cette fois, vraiment plus inquiété sur une balle poussée au pied par Sanz; trois diables rouges le cernaient, l'abattaient. Et Sanz tentait le drop. II fallait se rebiffer chez les champions un instant aux abois: Zani et Lagiewski s'en chargeaient: une glissade y mettait son veto.
A la vingt-neuvième minute, Palladin se faisait pénaliser pour un talonnage de tenu à la main et, du centre des 22 mètres, Albaladéjo remontait à la hauteur... de Dehez, à 3 partout. Vexés, les Agenais lançaient une expédition punitive avec Lacroix, Viotto, Zani et Fort abordant après 50 mètres de raid les poteaux dacquois sous lesquels Dourthe sauvait une situation bien ingrate. Autre point de supériorité : on voyait la mêlée agenaise faire reculer le "huit" de Dax.
Le ciel, tout à coup, se fit plus noir et le vent vira de bord avec une rare brusquerie, devenant complètement opposé au secteur où il s'était d'abord établi : on n'était qu'à cinq minutes de la pause. Ce vent passé avant terme à l'ennemi (de Dax bien sûr), "Bala", s'acharnait sur Péchambert qui glissa une fois, sans trop de casse. Bénédé, en bout d'attaque dacquoise, s'échappait sur la touche gauche, Saubesty manquait le drop, Pomiès sauvait et contre-attaquait. Les dernières secondes nous montraient un nouvel assaut de gladiateurs, Lucq, Palladin, Lagiewski engagés, puis un ratage de Péchambert suivi d'un faible dégagement.
A la reprise, le vent, qui venait à peine de "retourner sa veste", se mettait donc une seconde fois du côté du plus fort. Ces Dacquois, qui portent encore au bras le crêpe de la tragédie qui les a frappés il n'y a pas si longtemps, n'ont vraiment pas de chance en finale. La seconde partie du drame commençait par une bataille rangée, Viotto ayant lancé un uppercut dans un mêlée ordonnée, du côté opposé à M. Madelmont qui surveillait l'introduction, Malbet restait au tapis, à titre de vengeance immédiate. Cinq minutes à peine s'étaient écoulées depuis cette reprise que Dehez, posté aux trente mètres, un peu sur la gauche d'une mêlée aux 22 mètres, profitait de la diversion causée par un faux départ de Viotto prétendument lancé par Lacroix, prenait en dropgoal l'avantage sur Albaladéjo, recordman en la spécialité.
« Bala », maintenant, pense qu'il faut attaquer. Trois vagues rouges se suivent: Dourthe, volontaire, fait le maximum mais la tenaille de Razat et Gruppi travaille en souplesse et pousse le tout sur la touche. Sitjar, en plus, patrouille avec autorité, désigne du doigt tout danger. Enfin, à la cinquantième minute, Malbet bondit d'une touche sur un relais de Darbos, la balle ayant été gagnée par Cassiède; Sitjar l'épaule, creuse l'écart à toute allure ; Fort est là aussi, il joue magnifiquement, donne à l'ailier Mazas qui passe à Lasserre. C'est l'essai, un essai de soixante mètres et dans ce style agenais de jeu d'avants qui régale, qui vaudra surtout ce soir au Champion son titre préservé alors que, finalement l'adversaire a pu le contester jusqu au bout. Dehez n'ayant pu, de peu, parapher ce chefd'œuvre, on passa à 9 à 3. "Bala" tenta bien de revenir à 9-6 par un nouveau tir au but mais, comme en 1956, il ne fut pas heureux. Dehez faillit même le distancer un peu lorsque, presque de la ligne médiane et à deux pas à peine de sa touche gauche, il botta très haut, encore en pénalité, et manqua de peu. Sans un mordu en touche, toutefois, Pomiès aurait pu marquer l'essai. Une autre fois, Arrieumerlou devait sauver au fond de son en-but. Les touches se jouaient sur la ligne de but dacquoise et, finalement, Saubesty dégageait son camp. Le capitaine landais revint alors à l'attaque, d'autant que, cette mi-temps, ses avants étaient moins battus à la touche grâce à Cassiède et qu'en mêlées ils avaient plus d'introductions que leurs rivaux.
Darbos allait souvent prêter main forte aux trois-quarts; c'étaient des assauts répétés, Dourthe continuant ses efforts, contribuant aussi, d'ailleurs, à soutenir le spectacle pour faire oublier les scories de ce match trop dur. Comme Saubesty semblait toujours aimanter la balle, les Dacquois, tout en laissant l'impression de ne pouvoir passer, faisaient cependant meilleure figure. La défense élastique des tenants du titre contenait toujours ces offensives, acculées sur les bordures. A sept minutes de la fin, c'est justement de cette façon que « Bala » fut projeté sur un trépied de caméra fixe de la télévision et se blessa à la tête et à un bras. Le match brisé dans son élan, quelques joueurs attroupés et soudain détendus par cet incident, la défense agenaise allait se laisser tromper pour une fois. La touche donnait la balle au vétéran Cassiède qui fonçait, passait à Bénédé, l'ailier gauche, qui se déportait vivement vers l'intérieur, sautait Contis pour servir plus vite Bénali, plus au large ; le jeune avant-aile filait à l'essai. Et un autre jeune, Saubesty, passa la transformation sur délégation de son capitaine encore sous le coup de ses émotions et de son choc. Agen ne menait plus que par 9 à 8.
Il restait alors six minutes à jouer et tout redevenait possible au challenger. Il pouvait encore espérer remporter ce titre qui se refusait à lui avec obstination. Cassiède était ensuite "étendu". Lagiewski exécutait peu après Berho qui, à son tour, connaissait la nuit du k.o. Revenu à lui, il se postait à la touche et, délibérément, il décochait au deuxième ligne agenais Lasserre un coup de pied qui lui ouvrait le menton en l'abattant. Les règlements de comptes venaient d'atteindre là, en quelques minutes, la cote d'alerte. Dax, cependant, croyait toujours à son étoile ; une descente de Saubesty, Sanz et Dourthe s'étalait, belle, sur cinquante mètres. Pendant la récupération des arrêts de jeu, Dehez ratait le drop ; Dourthe rageur, acharné, tentait en vain de passer. Sanz, à son tour, offrait à Dourthe le meilleur décalage de l'après-midi, mouvement incisif enfin, réalisé par ces deux centres, mais que le benjamin Arrieumerlou ne pouvait conclure, manquant la balle. Et Dehez brisait le dernier espoir.
Pour la quatrième fois, le Bouclier échappait aux mains avides des Dacquois. Pierre Albaladéjo, qui était resté après son choc, "dans les nuages" avait manqué à ses hommes au moment crucial. Navré, il confirmait qu il venait de terminer là sa carrière, en ouvrant pourtant la porte à la jeunesse montante.
"Un jour viendra, dit-il, où Dax sera le premier". Les brutalités qui avaient marqué le match des violents furent aussitôt flétries dans un grand retentissement. Les caméras avaient étalé en gros plans la vedette de la journée, le chausson, ceci pour tout le pays. Une fois de plus, "la famille", eut honte. La Fédération décidait aussitôt de punir trois des fauteurs de trouble, suspendant à vie Berho, G. Lasserre et Lagiewski. Ils n'attendirent pas la fin de leurs jours pour obtenir leur absolution.
Extrait du livre de George Pastre "Les volcans du dimanche" Collection Midi Olympique

1963

mardi, 07 août 2007 22:20 Written by
Bordeaux (stadium municipal) Arbitre : M. CapelIe (Limousin)
28 267 entrées payantes ; recette 251 025 francs.
Stade Montois bat U.S. Dacquoise par 9 à 6
Stade Montois : 1P,1D A. Boniface, 1D Lestage.
U.S. Dax : 1E J.C. Lasserre, 1P P. Albaladéjo.
Stade Montois:
Gourgues;Darrouy,G. et A. Boniface (cap.), André Caillau ; (o) Alain Caillau, (m)Lestage;Hilcock,Martinez,Couralet;Tignol,Urbietta;Cazals, Cès, Amestoy
U.S. Dax :
Barbe;C.Darbos, Wilhems, Bénédé, R.Albaladéjo (o):P.Albaladéjo (cap.), (m):J.C.Lasserre;
Dutin, Contis, Dubois, Labadie, Cassiède, A.Bérllhe, Bérho, C. Lasserre
LA FINALE LANDAISE
Pour en arriver là, les Montois, toujours voués à l'offensive avaient éliminé Vienne, Biarritz, Chalon, enfin Lourdes (9-8). Les Dacquois, pour leur compte, avaient dû se débarrasser d'Aurillac, de Toulon, de Chambéry (par 6 à 5 seulement) enfin des Grenoblois à Toulouse au terme d'un match houleux. Les avants de Bérilhe avaient produit, malgré l'exiguïté de 1a victoire (5-0) une forte impression. Au soir du 19 mai, on put s'écrier, ici et là :" la Finale sera landaise ". Forcément, il restait des " survivants" des finales 1953 et 1959 pour les Montois, et de 1956 et 1961 pour les Dacquois.
Les premiers étaient, les trois fameux attaquants André et Guy Boniface, Christian Darrouy et les avants Paul Tignol et Pierre Cazals, tous internationaux. Étaient arrivés entre temps l'arrière Jacques Gourgues, capable de jouer au centre, les frères Caillau, l'un, André, ailier gauche, l'autre, Àlain, demi d'ouverture, le demi de mêlée Pierre Lestage, un instituteur « de poche », les avants Gilbert Hilcoq, flanker sec, à la mèche blanche, redoutable " baroudeur", Bernard Couralet, très puissant au contraire, Fernand Martinez, au couloir, le deuxième ligne Jean Urbietta, troisième instituteur de la troupe, le talonneur Bernard Cès, moins lourd que son ancien, Pascalin, mais très vif, enfin un pilier basque de masse imposante, Jean-Baptiste Amestoy. Au total, un groupement bien armé devant, un demi de mêlée agile et intelligent, enfin trois des quatre attaquants tricolores de l'heure. Fernand Cazenave, ex-ailier international également, avait la mission de le conduire enfin au titre, trois fois à portée de la main : André Boniface avait reçu le capitanat. Cette magnifique équipe s'était acquis une telle réputation de jeu offensif qu' elle assurait toujours de rondes recettes.
Dans le camp d'en face, les changements sont plus faibles, la participation de 1961 étant évidemment plus fraîche que celle des Montois. André Bérilhe, pilier, le talonneur Léon Berho, 1'autre pilier Christian Lasserre (2e ligne dans la finale précédente), le seconde ligne Marcel Cassiède, les troisième ligne Claude Contis et Gaston Dubois, les demis Jean-Claude Lasserre et Pierre Albaladéjo, les ailiers Claude Darbos et Raymond Albaladéjo, le centre Jacques Bénédé ont déjà paru au moins une fois en finale ainsi que Jean-Claude Labadie qui, lui, était de celle de 1956 ; pour Bérilhe, Christian Lasserre, Dubois et les frères Albaladéjo, c'est la troisième participation. Il reste à ajouter l'arrière Pierre Barbe, qui avait rattrapé une carrière interrompue par un accident de la circulation, le centre Henri Wilhems, solide athlète, enfin Bernard Dutin, âgé seulement de dix-huit ans mais déjà avant-aile charpenté, capitaine des "Genêts" du lycée de Dax. Pierre Albaladéjo, lui, est capitaine de l'équipe qui va engager la dernière épreuve ; il a alors trente ans et il a été, cette saison, le meilleur marqueur du Tournoi des Cinq Nations. Son compère, Jean-Claude Lasserre, vient de gagner sa place en Équipe de France. Le grand marqueur d'essais Dubois, Contis sont passés près de la cape que Cassiède a eue car il a été de la tournée aux Antipodes en 1981. Bérilhe, patron des avants, demeure encore, à trente ans sonnés, un pilier redouté, un très grand joueur. Pierre Darbos, avant-aile rapide dont les percussions sont terribles, est parti au R.C. Narbonnais. Il est inutile de définir les moyens de cette formation qui n'a que peu changé. Toto Desclaux l'entraîne toujours. C'est M. Albert Capelle qui va tenir le sifflet et représenter le comité du Limousin.
Trouver une place n'est pas facile. Les dispositions du pesage opposé à la tribune officielle vont s'avérer médiocres et le mécontentement de quelques centaines de spectateurs va entraîner une curieuse réaction, inédite dans un match de rugby : ces gens-là vont confisquer le ballon lorsque d'assez nombreux coups de botte en touche vont l'envoyer au sein de la foule, dans cette partie lésée de l'assistance. Ce « jeu » de cache-ballon contribuera à casser le rythme de la partie et, peut-être aussi prendra-t-il valeur de protestation contre cette tactique érigée en système.
La première attaque, due aux Montois, n'arriva qu'au bout de dix minutes. Les Dacquois obtenaient une certaine supériorité en avants, le jeu était haché par les confiscations du ballon et l'on n'avait rien vu pendant bien près d'une demi-heure lorsque, sur une balle obtenue en mêlée, JC Lasserre tapa vers l'en-but un bon coup de pied tactique qu'il paraissait reprendre lui-même mais que les Montois contestaient vivement, affirmant que Tignol avait aplati d'abord parmi un groupe de joueurs. Pierre Albaladéjo manqua du coin, la conversion de l'essai de son camarade. Les Montois, maintenant, attaquent un peu plus avec André Boniface et Darrouy, bien que celui-ci boîte légèrement. Le capitaine montois manque un but des vingt-deux mètres mais aussitôt, un peu avant le repos, il en convertit un autre en punition d'un hors-jeu. Mais Cazals se laisse aller à un mauvais geste sur Bérilhe et "Bala" venge son ami. Aussitôt, sur ce tableau de 6 à 3, c'est la fin de cette mi-temps décevante.
Le temps se gâte. Le ciel devient de plus en plus sombre, l'orage prépare ses pétards. André Boniface attaque joliment puis il manque un drop-goal. Hilcoq est durement touché puis Pierre Albaladéjo connaît le même sort. Les avants montois vont plus vite, le climat du match prend de la chaleur mais le jeu reste décousu, sans ampleur, M, Capelle refuse coup sur coup deux essais montois, l'un à Alain Caillau au terme d'une puissante « descente » des avants jaunes avec Tignol surtout, l'autre au terme de la seule attaque noble de la partie; les Boniface ont croisé leur course rapide, le cadet a pu percer sur trente mètres puis, devant Barbe, il a lancé André Caillau ; le directeur du jeu. a dit : " en-avant !".
Alors André Boniface use de l'arme maîtresse de... Pierre Albaladéjo ; le drop part et passe quoique tiré dans des conditions plutôt difficiles. C'est l'égalité à 6 partout à la 65e minute. Alors la pluie se met à tomber, puis l'orage se fait violent; l'eau du ciel s'abat, aussi serrée maintenant, à dix minutes de la fin, que durant toute la finale de 1949 jouée par les Montois de Darrieusecq. Les spectateurs exposés refluent vers l'abri des tribunes. Les Montois sont, de loin, les plus entreprenants bien que la balle soit plus difficile à transmettre derrière. Soudain, le petit Lestage, dont la mêlée a obtenu la balle à vingt mètres face aux poteaux, se sent inspiré par le drop-goal, il botte, il le passe. Neuf à six en faveur des Montois.
Le taureau dacquois aura beau avoir les soubresauts de l'agonie, le voilà, lui qui se flatte d'être conduit par « Monsieur Drop », victime de la même estocade qui le jeta pantelant sur l'herbe de vérité de " Gerland ", en 1961.
Extrait du livre de George Pastre "Les volcans du dimanche" Collection Midi Olympique

1961

mardi, 07 août 2007 22:19 Written by
Lyon (stadium municipal de Gerland) Arbitre : M. B. Marie (Île-de-France)
24 227 entrées payantes ; recette 238 265 N.F.
A.S. Béziers bat Union Sportive Dacquoise par 6 à 3
A.S. Béziers 1 P (Dedieu) 1 D (Danos)
U.S. Dax : 1 P (P. Albaladéjo)
A.S. Béziers:
Dedieu ; Spagnolo, Fratangelle, Raynal, Rogé ; (o) : Bousquet, (m) : P. Danos (cap.) ;
Rondi, Arnal, Angeli ; Gayraud, Salas ; Mas, Bolzan, Barrière
U.S. Dax :
Carrère ; R. Albaladéjo, Bénédé, Othats, C. Darbos ; (o) : P. Albaladéjo ; (m) : J. C. Lasserre;
P. Darbos, Contis, Dubois ; Cassiède, C. Lasserre ; A. Bérilhe (cap.), Bérho, Bachelé
Le drop "impossible"
Les Dacquois mirent hors course Romans (9-3), le SBUC. (14-3), la Rochelle (11-9) et Chambéry (11-5). C'était, comme en poule, à peine un peu moins bien à cause de la résistance des vaillants Rochelais. C'était Vichy qui avait eu le grand honneur de terrasser le F.C. Lourdais : le titre se trouvait vacant dès le soir des huitièmes de finale. La course parallèle des clubs finalistes s'assortissait de deux autres points communs: ni l'un ni l'autre n'avait gravé son nom sur le socle du Bouclier.
Les Bitterrois, toute la saison, avaient fait donner leur artillerie. Pierre Danos et Paul Dedieu s'étaient chargés d'assurer, par des buts et des drops, les victoires préparées par ces avants dont nous avons dit déjà pour des saisons précédentes, qu'ils n'avaient pas leurs pareils pour gagner les ballons d'or des mêlées ouvertes. A Dax, il y avait Pierre Albaladéjo comme célébrité internationale. André Bérilhe, le capitaine, jouissait du respect de tous, Jean Othats avait été de la tournée en Argentine, l'été précédent, tandis que l'on commençait à parler de Cassiède, du demi de mêlée Jean-Claude Lasserre.
Les Dacquois, en rouge et blanc, ne comptaient qu'une vedette internationale, Pierre Albaladéjo, alors à mi-carrière ; mais célèbre était leur pilier André Bérilhe, capitaine dont la hargne, la puissance et la vitesse faisaient merveille. En l'ajoutant aux titulaires du XV de France, Amédée Domenech et Alfred Roques, on peut dire que notre rugby national possédait alors de formidables piliers. En seconde ligne, Cassiède, solide et bon joueur de touche, était respecté par ses pairs de toutes les équipes rencontrées. Le demi de mêlée Jean-Claude Lasserre ne se savait pas promis, comme lui, à la sélection suprême. Jean Othats, un centre à l'agréable facilité, l'avait obtenue mais pas au grand jour du Tournoi. Jouissaient d'une certaine notoriété: Contis au "couloir", Raymond Albaladéjo à l'aile, l'avant-aile aux larges épaules Pierre Darbos, le petit et dur talonneur Berho. L'on commençait aussi à savoir la qualité de l'arrière Emile Carrère. Le pilier Bachelé, plutôt sec, athlétique, le seconde ligne Christian Lasserre, l'avantaile Dubois, qui tenait à jouer malgré une cheville douloureuse, le centre Bénédé, râblé, le longiligne ailier Claude Darbos passaient enfin pour de fort bons joueurs.
Ce ne fut pas une bonne finale. Heurtée, parfois trop dure, trop longtemps sans brio, elle fut illuminée par un exploit de Pierre Danos, un drop "impossible" qui fit aussitôt son entrée dans l'anthologie des « gestes » fameux des finales, coup de botte qui, par delà sa beauté technique, eut aussi le très grand mérite de valoir le titre suprême à l'équipe.
Avant cet éclat, que s'était-il passé? Peu de bonnes choses ! Une seule attaque, biterroise d'ailleurs, des irrégularités, deux pugilats et de sempiternels bottés en touche, de ratages de but, de drop, enfin un tir de pénalité de face aux vingt-cinq mètres pour un placage trop appuyé de Barrière sur Jean-Claude Lasserre, but converti par Pierre Albaladéjo à la vingt-cinquième minute. Cinq minutes après, Paul Dedieu égalisait, sur pénalité du coin des trente mètres.
Béziers donna ensuite une idée de ce qu'était habituellement son jeu plus complet. Enfin, Dax eut un grand éclair par une profonde interception du centre Othats que Dedieu clouait net au sol, sauvant son équipe ainsi qu il le faisait chaque dimanche. La seconde mi-temps fut moins décevante. On cherchait enfin à créer. Un mouvement croisé (Othats-Bénédé), une percée de Pierre Albaladéjo, une attaque avec l'appoint de l'arrière dacquois Carrère, dans un grand jour offensif, tout cela avait mis les Biterrois en grand danger.
Soudain, les Héraultais se rebiffèrent, envahirent le camp dacquois. S'ils avaient eu affaire cette fois à forte partie en mêlée, les Biterrois, avec Salas et Gayraud, avaient eu un assez net avantage en touche malgré de bonnes répliques de Cassiède et, notamment, leurs utilisations de balles conquises avaient été meilleures que celles de leurs rivaux ; mais les avants de Danos n'avaient pas eu, sur les balles mises à terre après bonne prise â deux mains, la même facilité d'exécution que devant tant d'autres groupements. Les Dacquois avaient décidément un magnifique « huit » servi par un solide demi de mêlée, sorte de neuvième avant. De cette implantation biterroise en camp landais, de ces conquêtes aussi, devait naître le dropgoal de Pierre Danos.
Pour l'A.S. Biterroise, tuer tout jeu créateur en face, en renvoyant la balle loin en touche, par Dedieu, par Danos devenait le souci majeur. Les Dacquois, dans les toutes dernières minutes, tentèrent dix fois peut-être de passer mais les "bleu et rouge" les prenaient dans un réseau serré où Pierre Albaladéjo déchirait quelques mailles. Béziers n'avait pas pour rien assuré la meilleure défense (chiffrée) de la saison. Une échappée, orgueilleusement solitaire, d'une ligne de vingt-deux mètres à l'autre, menée par Pierre Darbos, une autre de son frère Claude, qui trouva l'avant Christian Lasserre pour le soutenir, une ruée farouche de Bérilhe furent vaines.
Pierre Danos expliquait après le combat que l'un et l'autre clubs n'ayant jamais connu la joie immense de conquérir le grand titre, il fallait excuser le Champion nouveau de n'avoir pas montré son vrai visage.

Extrait du livre de George Pastre "Les volcans du dimanche" Collection Midi Olympique

1956

mardi, 07 août 2007 22:16 Written by
Toulouse (Stadium) Arbitre : M. A. Siccardi (Provence)
38 426 entrées payantes ; recette : 22 400 000 francs
FC Lourdais bat Union Sportive Dacquoise par 20 à 0
FC Lourdais: 2 E (Tarricq, A.Labazuy) 2 D (J. Prat) 2 P et 1 T (A. Labazuy).
FC Lourdes :
P. Lacaze ; Rancoule, M. Prat, Calvo,-Tarricq ; (o) A. Labazuy, (m) F. Labazuy ;J.Prat (cap.), Barthe, H. Domec ; Guinle, Laffont ;Manterola, Capdevielle, Taillantou.
U.S. Dax :
P. Albaladéjo ; R. Albadéjo, Othats, Lasaosa (cap.), Susbielle ; (o) : Boniface. (m) :Castra ; Dubois, Labadie, Darracq ; Lapique, Augé ; Bérilhe, Bachelé, C. Lasserre
Trop "tendres"
Le 3 juin 1956, au stadium de Toulouse, par beau temps, sous la férule du Toulonnais Ange Siccardi, un ancien et rude avant devenu arbitre éclairé, c'est l'U.S. Dacquoise qui va essuyer la plus grande "ardoise" depuis 1913, l'année où la méthode bayonnaise, révolutionnant le vieux jeu, fut si cruelle au S.C.U.F. de Paris (33 à 8). Les Landais de Paul Lasaosa rentrent chez eux, tête basse. Leur première désillusion se chiffre par vingt points à rien. Lourdes en avait neuf à la mi-temps et la Finale se trouvait déjà entachée de perte d'intérêt.
Les avants dacquois avaient pourtant entamé la partie avec une extrême détermination dans le sillage de leur chef de meute, André Bérilhe qui passait pour le plus terrible pilier du pays. Mais un drop-goal de Jean Prat, des vingt-cinq mètres, malgré Darracq, avait ouvert les vannes à la vingt-cinquième minute. Pierre Albaladéjo, arrière, et Jean Othats, un centre de belle allure, ne purent réduire cette avance sur tentative de pénalité. Puis, à la trente-deuxième minute, Antoine Labazuy ayant botté loin sur sa gauche, une hésitation de la défense rouge et blanche avait laissé une balle rebondir pour Tarricq qui avait marqué en coin. A quatre minutes du repos, une mêlée ouverte avait livré à Jean Prat le ballon du deuxième drop-goal.
Les Landais, tombeurs de l'U.S.A.P. par 11 à 0 en quart de finale, de Castres, par 3 à 0, en demi-finale, score égal à celui de Lourdes-Pau à ce même stade, se flattaient de posséder des avants tels que Bérilhe, Darracq, un grand gabarit d'avant-aile, le sélectionné Lapique, grand et fort, en deuxième ligne, puis, à un degré moindre, Dubois et Labadie en troisième ligne, Augé en deuxième, le pilier Lasserre, le talonneur Bachelé.
Lasaosa était alors trois-quarts centre aux côtés d'Othats après avoir paru six fois derrière la mêlée tricolore. A Dax, il laissait le poste à Castra ; Boniface tenait l'ouverture ; aux ailes, Raymond Albaladéjo, toujours aux aguets, et Susbielle. Enfin, à l'arrière, Pierre Albaladéjo qui avait tenu cette place dans l'Equipe de France en 1954, par deux fois. Mais, depuis, Vannier était revenu.
"Bala" justement venait de rater, au début de la seconde période, sa cinquième tentative de but. Puis, les Lourdais, sûrs d'eux, avaient joué, sans plus, Darracq, deux fois, avait sauvé des situations difficiles créées par le brio de Domec, Manterola, Rancoule, Antoine Labazuy, Tarricq. Othats avait superbement répliqué mais en vain et, pour un geste d'énervement, son équipe allait encore se faire taper sur les doigts. Antoine Labazuy se chargea d'administrer la punition du coin des vingt-cinq mètres, à la soixante-quatrième minute.
Il y avait eu ensuite un mouvement admirable : Maurice Prat avait démarqué Rancoule qui avait débordé, recentré au pied pour Domec, lancé à fond ; seul, le rebond avait sauvé les Dacquois d'une nouvelle marque.
Antoine Labazuy fut encore impitoyable, aux trente mètres, toujours du coin à sept minutes de la fin. Insatiable, quatre minutes après, l'élégant ouvreur obtenait le droit d'écrire le mot "fin" sur la transformation de son propre essai ; c est le cadet des Prat qui lui avait offert le cadeau après une infiltration de l'aîné des Labazuy, sur interception.
Extrait du livre de George Pastre "Les volcans du dimanche" Collection Midi Olympique

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