"Réapprendre à gagner !"
Avant la reprise samedi contre Auch, Dominique Harran, manager de l'équipe première, fait un bilan après les 5 premiers matches disputés, évoque ses déceptions et ses satisfactions, parle de l'adaptation à la Pro D2 et évoque l'annonce de l'arrivée d'un nouveau joueur argentin à l'USD.
Qui est-il ? Pour les plus anciens, Dominique Harran est loin d'être un inconnu. A 18 ans déjà il était déjà titulaire contre le Stade toulousain et passait ensuite 5 ans dans les lignes arrières, avec son frère Claude (aujourd'hui entraîneur) occupant les postes d'ailier, centre et même arrière. Plus défenseur qu'attaquant, aimant le "contact" et ayant pris "un peu de poids" Jean-Louis Bérot, alors entraîneur, le fit jouer 3ème ligne, poste qu'il occupa régulièrement pendant les 5 années suivantes. Entraîneur à Mugron, puis à Tartas, il s'occupa également de la Nationale B et des Reichel dacquois. Depuis cette saison il est, bénévolement, le manager de l'équipe 1. En quoi consiste précisément son nouveau rôle ? C'est le patron de la partie sportive ! "Je suis principalement chargé de la relation joueurs-entraîneurs-dirigeants. Je suis l'intermédiaire des joueurs vis à vis de l'encadrement. Je laisse le terrain aux entraîneurs tout en discutant avec eux du projet de jeu et des compositions d'équipe. Je suis là pour régler ou aplanir certains problèmes et faire passer les messages aux dirigeants." Ce qui ne l'empêche pas de pousser, si nécessaire, un bon coup de gueule comme après le match contre Tarbes. "
Premier bilan. Dans ce premier bilan il fait état de déceptions mais aussi de quelques satisfactions. "C'est un bilan mitigé, qui ne reflète pas ce que l'on espérait de cette équipe là. Nous n'avons pas atteint l'objectif fixé pour le début de championnat à savoir gagner les 4 premiers matches disputés. 2 victoires (Lyon, Racing) pour 2 défaites (Aubenas et Tarbes - à domicile contre lequel on n'a pas joué le rugby qu'il aurait fallu jouer). Autre souci, et non des moindres, c'est par moment la mauvaise gestion du jeu, le manque de patience, et une première ligne de défense faible. C'est exactement ce qui a été observé contre Aurillac, qui est l'équipe la plus complète des 5 équipes que nous avons rencontrées jusqu'à présent: nous avons fait une très bonne première mi-temps, avec une bonne conquête, on a joué des petits côtés qui sont les plus performants dans le rugby actuel puisque il y a une prise de risque minimum et qui permettent d'ouvrir des brèches et on a pu créer 2 ou 3 temps de jeu et on a retrouvé un peu le rugby que l'on voulait pratiquer. En deuxième mi-temps nous avons eu moins de ballons et une première ligne défensive faible (3ème ligne et 3/4), nous avons été bousculés au centre du terrain et nous avons manqué de patience et nous nous sommes précipités au lieu de temporiser par du jeu au pied. Côté satisfactions, il y a quand même la révélation de Ludovic Iriarte qui éclate en troisième ligne et la deuxième ligne avec Bérek et la résurrection de Travini qui a joué, contre Aurillac, à son vrai niveau".
L'adaptation à la Pro D2. On entend, on lit, ici ou là, qu'il y a un problème d'adaptation à la Pro D2. Qu'en est-il exactement ? Dominique Harran indique d'emblée que cette équipe "comprend des joueurs qui ont un certain acquis de l'Élite mais qu'il existe une approche pas encore maîtrisée au niveau du jeu qui est vraiment différent. On pensait vraiment que le jeu allait être un petit peu plus clair. Il y a en D2 des défenses qui sont préétablies, chacun attend l'équipe qu'il reçoit et il est difficile de passer en première main. On constate que la défense a pris un énorme pas sur l'attaque et nous on ne sait pas encore faire ce jeu là. On a peut-être aussi voulu pratiquer un jeu complet sans assurer les bases c'est-à-dire qu'on n'a pas su prendre le jeu en compte devant pour rendre nos 3/4 un peu plus libres et avoir plus d'espace." Puisque le jeu des trois-quart est abordé c'est le moment de lui faire remarquer que les ailiers ne touchent que rarement le ballon. "C'est un peu le constat que l'on fait depuis le début: on a deux ou trois ailiers qui sont véloces et qui ne reçoivent qu'un ballon par match. On a les 3/4 qui gambergent un petit peu parce qu'ils pensaient pouvoir passer en première main sur les qualités techniques ou physiques qu'ils avaient et il s'avère que des joueurs moins aguerris leur dament le pion. Tout ceci les perturbe mais cela perturbe aussi les entraîneurs qui font travailler depuis une quinzaine des prises d'intervalle différentes et une réadaptation au jeu que l'on veut pratiquer à ce niveau". Il n'en demeure pas moins vrai qu'il est difficile de comprendre pourquoi une équipe issue du Pro16 a du mal à s'adapter à la Pro D2. Dominique Harran pense "qu'il aurait fallu un peu plus d'humilité de la part des joueurs qui pourtant avaient été mis en garde. C'était le sens de mon discours de début de saison: ce n'est pas parce que l'on arrivait de l'Élite que l'on allait être les meilleurs de la Pro D2. Il faut remarquer toutefois que Tarbes, Montpellier, Brive ou Bayonne sont aussi passés par cette phase d'adaptation. Il se sont maintenant acclimatés à ce jeu là et se sont renforcés en conséquence et sont maintenant en haut du tableau". Il faut objectivement remarquer, qu'à ce stade du championnat, il reste encore 25 matches à disputer et que la position des Dacquois au classement n'est pas si mauvaise que ça. Dax est à 3 points du quatrième. A ce propos où se situent aujourd'hui les ambitions dacquoises ? Aucune équivoque dans la réponse: "C'est toujours d'être dans les 4 premiers pour pouvoir jouer les phases finales". Voilà qui est clair même si actuellement les Rouge et Blanc sont un peu en retard sur leur tableau de marche. "Pour cela il faudra aller chercher certainement des victoires chez des "gros".
L'avenir, c'est les jeunes ! Concernant le jeu actuel des trois-quarts qui sont depuis le début du championnat sur la sellette Dominique Harran trouve la situation "embêtante car on attend beaucoup plus d'eux. Il y a eu une intersaison un peu difficile pour eux et peut-être sont-ils perturbés psychologiquement. Peut-être y a-t-il aussi un problème de lancement de jeu. L'ouvreur est nouveau et a un jeu différent de son prédécesseur". Philippe Lafue et Julien Lapèlerie en ont terminé avec leurs blessures et vont être bientôt aptes à intégrer l'équipe. Ne pas oublier Julien Lesgourgues auteur de deux bons matches. Romain Millet-Barbé (centre) sera lui aussi bientôt prêt. Mais il est toujours plus facile d'intégrer des jeunes derrière que devant". On dit également beaucoup de bien du frère de Marc Gourrier qui joue actuellement en Reichel. Le Club va accentuer son effort sur la formation qui avait été délaissée depuis quelque temps. Devant, d'autres jeunes vont petit à petit intégrer l'équipe comme Christophe Tournier, Jérôme Poulan (qui ont déjà joué en première) ou Benjamin Noirot (Talonneur dynamique et technique) qui fait de très bons matches en Espoirs.
Le cas Miranda: Info ou Intox ? La réponse est claire: "Il n'y a jamais eu de cas Miranda! Il n'y a rien à dire !" En effet seul un hebdomadaire de couleur jaune a révélé l'arrivée prochaine d'un Argentin (3ème ouvreur des Pumas). "Pour pouvoir faire venir un joueur il faut de l'argent et on ne l'a pas et qui plus est à un poste où on ne manque pas d'effectif ! C'est une non information. On recherche des solutions à l'intérieur de notre club".
Le souci actuel du Club est de préparer sereinement les futures échéances en intégrant dans l'équipe les joueurs correspondant au système de jeu à mettre en place en trouvant des solutions internes. Un travail sérieux est effectué aux entraînements avec des joueurs de qualité et d'expérience auquel viennent se mêler des jeunes prometteurs avec lesquels il faudra
Daniel Sallenave
Propos recueillis par téléphone le 8 octobre 2002