Anciens Dacquois

30 Nov 2020 20:01 #122846 par loub1
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Il y a eu une époque où il fallait être dans les petits papiers pour évoluer dans ce club, la valeur rugbystique ne rentrait malheureusement pas vraiment en compte. Espérons que cette période soit révolue.
Il y a eu en même temps Bosviel, Massip, Bouthier, Justes et Laousse mais malheureusement je ne suis pas sûr que le club a misé sur les bons...

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01 Déc 2020 10:34 #122847 par marcos
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Ce type de regrets, que l'on peut évoquer à postériori sur le passage sans reconnaissance d'un joueur dans un club alors qu'il épanouir ensuite tout son talent ailleurs, est courant dans tous les sports (par exemple, en football, aux Girondins de Bordeaux on peut recenser de nombreux joueurs formés au club mais qui vont apporter tout leur talent dans d'autres ...).

Je pense qu'il peut y avoir ce type de "rendez-vous manqué " à un moment donné, en fonction de critères sportifs que l'on associe à un potentiel de développement jugé intéressant ou pas, mais également au comportement extra sportif qui influence forcément les éducateurs. C'est d'ailleurs ce qui peut se passer dans tout cycle scolaire, professionnel, relationnel en général.

Parfois le joueur peut-être barré à son poste par un autre plus confirmé ... A l'inverse, il préfère aller voir ailleurs parce qu'il est plus ambitieux pour sa carrière ...

Ne soyons pas trop nostalgiques avec l'histoire de notre club !

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01 Déc 2020 19:57 #122848 par DALTON
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Il y a eu une époque où il fallait être dans les petits papiers pour évoluer dans ce club, la valeur rugbystique ne rentrait malheureusement pas vraiment en compte. Espérons que cette période soit révolue.
Il y a eu en même temps Bosviel, Massip, Bouthier, Justes et Laousse mais malheureusement je ne suis pas sûr que le club a misé sur les bons...


Bosviel et Masip passés par le centre de formation ? je n'en ai pas souvenir... quand à Laousse c'est celui qui s'est pris en photo en jaune et noir alors qu'il était encore payé par Dax, aucun regret qu'il soit parti !

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03 Déc 2020 12:05 #122851 par kekito
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... quand à Laousse c'est celui qui s'est pris en photo en jaune et noir alors qu'il était encore payé par Dax, aucun regret qu'il soit parti !

tu parles du mec qui joue en 10 maintenant chez les abeilles :lol: ça lui et leur réussit :whistle: n'est pas Lolo DIaz (9, 10, 11, 14, 15) qui veut...
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21 Déc 2020 15:00 #122908 par DALTON
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Jean Louis Azarète, à Dax jusqu'en 1971 décédé ce jour

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28 Déc 2020 20:45 #122923 par loub1
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L’Aviron Bayonnais a annoncé ce lundi avoir prolongé le contrat de Ludovic Loustau (notre ancien neuf, titulaire à la mêlée pour la demie - finale de 1994 à Bordeaux contre le Stade TOULOUSAIN) , son responsable de la préparation physique, de quatre saisons.
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02 Jan 2021 21:00 #122924 par loub1
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Entretien de Thierry LACROIX sur le midol où l'un de nos anciens meilleurs joueurs n'est pas très tendre avec le club. C'est dommage que l'histoire ce soit mal finie et que le club n'ait pas pû profiter de l'expérience de Thierry (Qui fut mon coach pendant une période au SPS à St Paul il y a quelques décennies). Je ne jugerai pas qui entre le joueur ou le club est fautif dans ce que raconte Thierry.

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02 Jan 2021 22:21 #122926 par francis
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Si cela intéresse voici l'interview de Lacroix dans le Midol
Lacroix 1
Thierry Lacroix, XV de France
Publié le 30/12/2020 à 10:01 , mis à jour le 31/12/2020 à 10:54
L’ancien trois-quarts centre et ouvreur de l’équipe de France, longtemps consultant rugby sur France Télévisions et TF1 s’était volontairement éloigné de la sphère médiatique. À 53 ans, toujours tonique, sensible, engagé dans de nouveaux projets professionnels, il s’arrête sur plusieurs épisodes de sa vie familiale et sportive. Voici la partie 1 de son entretien.
Cela fait longtemps que vous n’aviez pas pris la parole, pourquoi être sorti des radars ?
J’ai fait ça volontairement à la fin de la Coupe du monde 2015. Le rugby que je commentais m’avait fait perdre mon enthousiasme. Sur le terrain, je ne voyais plus de flair, plus d’intelligence. L’analyse situationnelle si chère à Pierre Villepreux, Jean-Claude Skréla et Robert Bru, entraîneurs au Stade toulousain, s’était volatilisée. De mon poste de consultant, je ne vibrais plus. J’ai préféré me retirer. J’ai dit stop par lassitude. Je commentais depuis 1998, et pour faire vibrer les téléspectateurs, il faut vibrer soi-même. Ce n’était plus le cas. Je suis quelqu’un de très droit, sincère : je ne pourrai jamais vendre un produit que je ne sens pas.

Le consultant est-il là pour vendre le produit rugby ?

Lui non, mais le journaliste qui l’accompagne oui. La chaîne qui l’emploie a acheté les droits et ça lui met la pression.

Pierre Salviac votre binôme était-il comme ça ?
Non, sur la chaîne publique, que vous fassiez un spectateur ou 18 millions, le résultat est le même. Sur une chaîne privée, type Canal ou TF1, c’est très différent. Il faut faire de l’audience. Quand je suis arrivé sur TF1 pour la Coupe du monde, j’ai senti de suite que j’étais sur une chaîne commerciale, ce qui n’avait pas été le cas pendant les douze ans passés sur France Télévisions.

Quel statut aviez-vous dans le service public ?
Je n’avais pas de contrat, je travaillais à la pige et touchais un défraiement. Ça payait une bringue, c’est tout. Le premier à avoir bien gagné sa vie comme consultant, c’est Fabien Galthié. Sur TF1 pendant la Coupe du monde, j’ai eu droit à de vrais contrats. J’ai découvert le business lié à un rugby. Ce sport était devenu mercantile.

Vous aviez toutes les cartes en mains pour rester la voix du rugby à la manière d’un autre Dacquois, Pierre Albaladejo. Mais vous avez dit stop.
Je n’ai pas eu de mal à disparaître car je m’étais déjà fait un nom et un prénom dans le rugby. La télévision m’a permis de faire durer ce que j’avais connu sur le terrain. Au moment de lui succéder, Pierre Albaladejo m’avait dit que je ne vivrais jamais de mes commentaires mais qu’ils me permettraient de bien gagner ma vie en dehors. C’est ainsi que j’ai pu ouvrir un cabinet de kiné à Dax avec mon frère jumeau, Pascal.  

Mais vous n’êtes pas resté longtemps kiné.
Cinq ans. J’ai adoré ce métier mais je n’étais pas fait pour ça. Avoir joué en équipe de France m’avait permis de rencontrer beaucoup de monde et être enfermé entre quatre murs ne m’allait pas, ne me servait à rien. Il fallait que je sois disponible pour monter d’autres projets. Plein de gens venaient jusqu’à Dax pour me rencontrer. Certains patients, ne présentant aucun symptôme, venaient même au cabinet avec une ordonnance de quinze séances juste pour que je m’occupe d’eux.

Vous avez préféré une forme de vie au grand air.
L’être humain vit sous l’effet de stimuli. C’est sa manière de les absorber qui va en faire un homme différent d’un autre. J’ai prouvé lorsque en qualité de buteur, que je pouvais supporter la pression. Je ne suis pas un gars hyper sensible. Mais la sensibilité peut avoir de nombreuses expressions. Quelqu’un m’a dit un jour : « Tu es tellement pur que jamais tu pourras faire de politique. » J’ai répondu que ça m’allait très bien ainsi

Pur, qu’est-ce que cela signifie ?
Que je suis capable d’arrêter la télé à un moment où j’aurais pu en vivre très bien.  

Qui est la voix du rugby aujourd’hui ?
Il n’y en a pas. Plus personne ne dure. Roger Couderc, Pierre Albaladejo et Pierre Salviac ont été en leur temps les voix du rugby. Il n’y avait qu’une chaîne qui donnait toutes les compétitions. « Bala », qui ne m’a jamais imposé pour le succéder, m’a dit un jour : « Je n’aurais pas pu commenter le rugby pro car je n’avais pas la crédibilité nécessaire que tu as toi, Thierry, qui a connu le monde amateur et pro. » En commentant trente week-ends par an sur France Télévisions comme je l’ai fait, ce fut plus facile de s’imposer. Comme Pierre Albaladejo, je me suis toujours placé dans le registre de la pédagogie. Peut-être les gens en ont-ils eu assez de cette manière de commenter ? Les téléspectateurs ont changé, les chaînes se sont adaptées à ce nouveau consommateur rugby. L’abonné de Canal se fout de la pédagogie, il veut plus de technique, de stats et de stratégie. À TF1, si par exemple on m’avait demandé de parler à la ménagère de moins de 50 ans, je l’aurais fait.

Commenteriez-vous à nouveau ?
Le break m’a fait du bien. L’envie est revenue.

C’est un appel du pied aux patrons de chaînes ?
Non. Je continue à prendre la parole dans des entreprises où je rencontre des gens de 40-60 ans qui m’ont connu consultant. Ils m’avouent que ma voix leur manque. Pour eux, le rugby à la télévision est devenu linéaire, lisse.  

Vous avez été joueur, commentateur. Auriez-vous pu être entraîneur ou agent ?
Entraîneur, je n’avais pas les diplômes. Agent, certainement pas car le côté mercantile passe trop avant l’humain. Vendre un joueur comme une boîte de cassoulet, ça non. Il n’y a ni pureté ni sincérité dans cette activité. Je ne me voyais pas « discounter » un joueur juste pour gagner plus d’argent. J’ai préféré voyager, partir, en Australie, notamment pour les laboratoires Fabre. Là-bas, j’ai rencontré d’anciens très grands joueurs, John Eales, Michael Lynagh, Grant Fox, Sean Fitzpatrick. Ils m’ont dit : « Tu es le seul Français à avoir terminé meilleur réalisateur d’une Coupe du monde, en 1995. Tu dois avoir une statue chez toi en France. » J’ai dit non. Quand je suis rentré d’Afrique du Sud en 1995, je n’ai eu ni un coup à boire de mon club, l’US Dax, ni de la Fédération. J’avais même marqué le 1000e essai de l’équipe de France, face à l’Irlande.

Comment expliquez-vous ça ?
J’y vois de la jalousie venant de certaines personnes. Partout le meilleur réalisateur d’un Mondial est honoré, pas moi. Je ne suis pas amer. Je vis ça comme une incompréhension. Comme dans le cadre de l’affaire de Bègles-Bordeaux. Je n’ai pas voulu entrer dans la polémique, pourtant j’ai pris beaucoup de coups. J’ai préféré m’effacer.

Quand vous étiez joueur on vous a vu souvent soutenir la polémique, notamment quand il était reproché à l’équipe de France de Pierre Berbizier de ne pas bien jouer.
Je n’ai jamais dit que j’avais bon caractère, sinon, je ne serais pas arrivé là où j’en suis. J’ai parfois changé de numéro de téléphone quand un journaliste devenait trop chiant avec moi. J’ai un grand défaut, je suis rancunier. Je serais du genre à ne pas oublier.

Vous devez traîner quelques boulets ?
Je suis rancunier sur l’humain, et rien d’autre. En vieillissant, j’ai tendance à oublier. Dans la vie, il y a des leaders et des suiveurs, il y a aussi des caractériels et des gens qui ont du caractère.

En 1995, à votre retour de la Coupe du monde, vous décidez avec Olivier Roumat  de repartir en Afrique du Sud pour disputer la Currie Cup avec le Natal alors que le rugby n’était pas professionnel...
Transgression que nous avons payée au prix fort en écopant d’une licence rouge pendant six mois. Pourtant, Bernard Lapasset, le président de la FFR, avait assuré le président dacquois, Jean-Louis Bérot, qu’aucune sanction ne serait prise à notre retour. Olivier et moi étions dans le bureau au moment de la discussion entre Lapasset et Bérot. Nous étions les premiers de l’ère pro à tenter l’aventure. Personne n’avait prévu qu’Olivier et moi, allions remporter quatre mois plus tard la Currie Cup. Et on a pris six mois d’interdiction de rugby en équipe première. À cause de ça, j’ai manqué les Blacks à Toulouse. Je m’en souviens encore. Je me revois dans les tribunes, administrativement sanctionné, et ça, c’était dégueulasse. Je l’ai vécu comme une injustice de la part de Bernard Lapasset, qui n’a pas tenu parole, et Jean-Louis Bérot qui ne s’est pas rebellé. Il y avait de quoi taper sur la table en criant bien fort : « Je veux récupérer mes joueurs. » Mais non, Olivier et moi avons pris six mois de frigo.

Peut-être le fait d’avoir gagné trop d’argent trop tôt, en Afrique du Sud, est une explication cachée ?
Les rands sud-africains ne valaient pas mieux que des billets de Monopoly. Je touchais un défraiement après chaque entraînement et un peu d’argent en plus. J’étais considéré comme un dieu dans un pays où j’ai ouvert, par exemple, des hôtels en présence du ministre du Tourisme de l’époque. À mon retour en France, je n’étais plus rien (...) Le président de Dax m’a dit lorsque j’ai annoncé mon nouveau départ pour l’Af’ Sud qu’il ne pouvait pas faire autrement que de couper mon salaire par deux. Comme un con, j’ai dit oui alors que j’avais un contrat pro. J’aurais pu l’amener aux prud’hommes.

Sauf que votre course ne s’est pas arrêtée en Afrique du Sud...
Après la deuxième expérience au Natal où j’ai commenté mon premier match international de rugby, pour Canal, en 1996, je suis parti en Angleterre, aux Saracens. Là, j’ai découvert le professionnalisme naissant, ses contrats et ses salaires élevés. J’y ai même animé une émission « Inside rugby ».

Dax était devenu trop petit pour vous ?
Non, je devais partir car j’y avais vécu une déception. Je ne pouvais pas avoir battu des records en équipe de France pour rien. Je n’ai rien fait de mal : je ne suis ni un salopard ni un vicieux.

Pourquoi être rentré en France au bout de cinq ans alors que vous gagniez bien votre vie ?
Pour le soleil. Pas pour l’argent, la livre valait dix euros à l’époque. Ce retour s’est engagé d’une drôle de façon. Jean-Louis Calméjane, qui commentait un match à Perpignan, avait dit à Marcel Dagrenat, le président de l’Usap que j’allais quitter l’Angleterre. Une semaine plus tard Dagrenat était chez moi à Londres pour me faire signer.

Bonne personne, Marcel Dagrenat ?
Super mec. Très carré.

Pas vraiment branché sur l’humain.
C’est vrai mais lorsqu’il promettait, il tenait. Quand je suis arrivé, Olivier Saïsset entraînait, je me suis glissé à l’arrière pour ne pas perturber l’équipe. Puis j’ai terminé à l’ouverture. Je devais boucler ma carrière à Perpignan où je m’étais bien intégré...

Mais vous avez finalement terminé à Castres.
Un coup de téléphone de Pierre-Yves Revol m’a fait sortir de ma retraite. Après six mois d’arrêt, j’ai intégré le groupe premier au bout de quinze jours d’entraînement. Et l’équipe s’est remise dans l’axe. Je me suis pété les croisés en fin de saison, c’est ainsi que j’ai terminé ma carrière à 37 ans.

Ces dernières années, on vous a vu du côté des clubs de Chambéry et d’Orléans, deux expériences que l’on pourrait qualifier de douloureuses.
On ne peut pas toujours réussir. Les deux histoires sont différentes. J’avais besoin de revenir au rugby et de le comprendre mieux, de retrouver le terrain. Je me suis occupé de marketing, pas de sportif. J’ai créé des produits qui ont marché, ils continuent à fonctionner. Ça s’est arrêté. Je ne parlerais d’échecs.

Que faites-vous aujourd’hui ?
Je travaille pour la société DataSolution, expert de la transformation digitale et de tout ce qui est e-commerce : le B to B pour la vente à une entreprise, et le B to C pour la vente au client. Nos ingénieurs et nos développeurs créent des sites internet internationaux de A à Z. Les clubs sportifs, suite aux problèmes liés à la pandémie, se sont rendu compte qu’il était crucial à défaut de billetterie, de loges, de buvettes, d’avoir un site propre pour compenser ses pertes.
JEAN-LUC GONZALEZ
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02 Jan 2021 22:23 #122927 par francis
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RE-Lacroix 2


Publié le 30/12/2020 à 16:15 , mis à jour le 31/12/2020 à 16:21
L’ancien trois-quarts centre et ouvreur de l’équipe de France, longtemps consultant rugby sur France Télévisions et TF1 s’était volontairement éloigné de la sphère médiatique. À 53 ans, toujours tonique, sensible, engagé dans de nouveaux projets professionnels, il s’arrête sur plusieurs épisodes de sa vie familiale et sportive. Voici la partie 2 de son entretien.
Votre jumeau, Pascal, est resté à Dax où il est toujours kiné, pouvez-vous nous parler de la relation qui vous lie ?

En réalité, nous sommes de faux jumeaux nés à vingt minutes d’écart.
Qui est l’aîné ?
Éternelle question. Pour les faux jumeaux, il se dit que le deuxième né est l’aîné car conçu en premier. La loi dit que le premier reste le premier. Qu’importe la conception, pour moi, le premier à crier est l’aîné.
Et vous êtes ?
Je n’en sais rien, car il est possible qu’à la maternité de Nogaro, le 2 mars 1967, nos bracelets aient été échangés. Alors, peut-être, suis-je Pascal, et Pascal est Thierry. Rien de grave, je n’y vois qu’une histoire de prénoms.

Comment se sont passées vos vies de jumeaux ?
Nous avons toujours été des locomotives l’un pour l’autre. J’étais plus rapide au départ mais à la puberté il était formé avant moi. En sixième, je faisais sept centimètres de moins que Pascal. Question rugby, j’étais meilleur au départ puis il m’a dépassé. En minimes, à Saint-Paul-lès-Dax, Pascal était un dieu. En cadets, il avait failli jouer en équipe première. Je l’ai rattrapé et dépassé physiquement, puis il a repris le dessus. À Saint-Paul comme à Dax, le jour où il joua en équipe première pour la première fois, avant moi, j’étais dans les tribunes et j’avais les boules, mais les bonnes boules. Ça m’a permis de le rattraper. Puis, nous avons joué ensemble avec les seniors, lui en 13, moi à l’arrière. J’avais un petit pied et pas les cannes de Pascal mais je sentais le jeu. J’ai eu le bac mais lui l’a manqué, alors je ne l’ai pas fêté. J’ai pris la direction de Bordeaux pour y faire médecine. Après avoir fait l’armée, nous sommes partis ensemble à Toulouse pour suivre des études de kiné.
Vous êtes-vous jalousés à certains moments ?
Jamais. Il traversera le monde s’il m’arrive quelque chose, et moi de même.
Peut-on comprendre la relation entre jumeaux ?
Non. Le fait d’avoir passé sept mois et demi confinés dans le ventre de notre mère -nous sommes des prématurés- en est une des raisons.
Pourtant quand on a essayé de vous joindre durant plusieurs mois, Pascal, qui a servi d’intermédiaire, disait qu’il n’avait plus de vos nouvelles.
Oui, mais ça ne veut pas dire qu’on ne s’aimait plus. J’ai vécu en Afrique du Sud et en Australie, en total décalage horaire et pourtant, à des milliers de kilomètres de distance, nous restions en contact. Comme lors d’une séparation forcée à notre entrée en CP. L’institutrice demanda à notre mère de nous envoyer dans des classes différentes au prétexte que l’on s’aidait trop, lui en français, moi en maths. Ce fut une déchirure. On nous obligea aussi à nous habiller différemment, sauf sur un terrain de rugby.
Il se dit qu’à Dax vous vous bagarriez sur chaque composition pour que Pascal soit avec vous.
Ça m’est arrivé. Quand je trouvais qu’il y avait des injustices, je le disais. S’il avait été moins bon qu’un autre, je n’aurais pas bougé.
Aujourd’hui quelles sont vos relations ?
Comme avant, on s’aime. Pourtant, il m’est arrivé de ne pas aller voir Pascal quand je rentrais à Dax parce que nos compagnes ne se supportaient pas. Mais c’est du passé, nous avons changé de compagnes. Nous sommes très pudiques et il a fallu beaucoup de temps pour que l’on se fasse la bise. Je sais que mon départ de Dax lui a fait un bien fou, il est redevenu leader. Quand il lira cette interview, il sera surpris que j’en dise autant sur nous.
Pierre Berbizier est-il le meilleur entraîneur que vous ayez connu ?
Oui. Il a apporté le professionnalisme à l’équipe de France avant tout le monde. Il se l’était déjà appliqué lorsqu’il était joueur en s’entraînant très durement. Pierre a amené de la rigueur, il a su créer un copinage de bon aloi en équipe de France, il a eu des résultats sportifs. Il m’a fait confiance contrairement à Jacques Fouroux avec qui j’avais commencé en équipe de France en 1989, à Lille contre l’Australie.
L’équipe de France vivait une forme de crise cet automne-là.
Fouroux venait de virer Berbizier, Blanco et Rodriguez. C’est ainsi que je suis devenu titulaire, et cette équipe un peu expérimentale, avec Sella à l’arrière, a battu les Australiens. J’avais fait un bon match mais je ne fus pas repris. Je n’avais pas compris et j’avais vécu cela comme une injustice. J’ai compris plus tard que Fouroux avait utilisé les nouveaux pour piquer ses cadres. Il m’a fallu attendre 1993, et l’arrivée de Berbizier pour enchaîner deux titularisations de suite. Avant, il fallait jouer au golf avec certains, ce que je ne faisais pas.
Entre-temps, vous avez quand même disputé un quart de finale de la Coupe du monde en 1991 de triste mémoire ?
J’étais entré dans le groupe comme joker de luxe capable de jouer partout mais titularisé nulle part. À force, j’étais un pestiféré. Malgré une sortie tardive, l’avant-veille, avec Jean-Luc Sadourny, j’étais entré à la mi-temps contre le Canada à la place de Didier Cambérabéro. Je m’en étais bien sorti. En quarts, contre les Anglais, j’étais titulaire. Sur le terrain, je commandais une annonce et tout le monde changeait tout. Je n’avais pas la main sur les trois-quarts, comme Fabien Galthié ne l’avait pas sur le pack.

Et après, avec Berbizier ?
Ce fut mieux. Il me faisait confiance. Je ne jouais pas ouvreur, mais premier centre, avec Philippe Sella à mes côtés. Il a fait ma carrière à ce poste. Lui aussi avait confiance en moi, notamment sur le plan défensif. Je me sentais vraiment dans la peau d’un cinq-huitième, un deuxième ouvreur, ayant du pied et capable d’aller au contact, sauf que ça ne marche pas quand celui qui porte le numéro dix dans le dos est jaloux. Lorsque je jouais avec Cambérabéro, j’étais le plus souvent sauté. Pierre Berbizier a créé une véritable entreprise en équipe de France. Il s’est montré très dur notamment quand il nous réveillait à cinq heures du matin pour nous faire passer les bières bues la veille. Pour la Coupe du monde 1995, il nous avait découennés sérieusement. Ce Mondial, nous devions la gagner.
Vous en voulez à qui, à l’arbitre de la demi-finale, à Christophe Deylaud pas à l’aise dans ce marécage de Durban, à Abdelatif Benazzi qui tombe à dix centimètres de la ligne d’en-but ?
Non. J’en veux à ceux qui nous ont obligés à jouer ce match sur un terrain impraticable avec une savonnette en guise de ballon. L’équipe la plus physique, l’Afrique du Sud, a été avantagée. Aux Saracens, j’ai eu comme manager François Pienaar, capitaine des champions du monde 1995. Il m’avoua qu’il fallait que les Boks gagnent. La pénalité qui change le résultat de notre demi-finale n’y est pas. Nous avons eu des joueurs intoxiqués avant ce match, comme les Blacks avant la finale. Quand je l’ai dit à Pienaar, il m’a répondu : « Tu sais, l’Afrique du Sud, c’est le pays des sorciers. » Il a reconnu aussi qu’il y a eu des affaires de dopage.
Vous êtes-vous dopé dans votre carrière ?
Jamais. On a voulu me donner de la créatine en Angleterre. J’ai dit à mes entraîneurs : « Tant que je ne subis pas physiquement, ne m’emmerdez pas avec vos trucs. »
Vous avez quitté l’équipe de France sur une défaite monumentale au Parc des Princes en 1997 contre l’Afrique du Sud. Un souvenir de ce match ?
Je suis avec d’autres sous la douche. Je pleure. « Je vous aime », lance Jo Maso, le manager, pour nous consoler. Je me fais couper la tête quelques semaines plus tard. Ah les beaux discours ! Voilà pourquoi je préfère Pierre Berbizier à tous les autres.
Afin de préparer cette interview, nous avons appelé Alain Moga pour revenir sur cette fameuse affaire qui vous opposa aux frères Moga à propos de la reprise de leur club en 2001. Vingt ans plus tard, il dit encore que vous l’avez floué.
Cette affaire, je l’ai vécue comme une déchirure. Pour bien comprendre, il ne faut pas écouter qu’un son de cloche. J’ai préféré me taire longtemps, mais là, je vais reprendre les choses dans le bon ordre. Le nœud du problème, c’est qu’aucun contrat n’avait été signé entre les frères Moga, propriétaires du club, et les futurs acheteurs, Nigel Wray et un investisseur sud-africain. Entre les parties, un compte rendu de réunion fut paraphé. C’est tout.
Et que disait-il ?
Que nous nous étions vus, qu’il avait été évoqué l’avenir du club. Que je pourrais devenir manager de Bordeaux-Bègles et que je l’aiderais dans son développement marketing. Ce n’était pas un contrat, même pas un préalable à un contrat. Nous étions à l’automne, j’avais une saison à terminer avec l’Usap, et je me rendais un jour par semaine à Bordeaux pour préparer l’avenir. Début novembre, les Moga m’ont dit qu’il était temps que la vente se fasse. Ils avaient beaucoup parlé du projet, étaient allés trop loin. Le club n’était pas assuré de se maintenir dans l’élite, ce qui était primordial.
Et ils vous ont amené au procès.
Pour rupture d’un contrat qui n’avait pas été signé. On me demandait 740 000 euros car le club avait une dette de cette grandeur à honorer auprès de la Société générale. Depuis le décès d’André Moga, l’aventure commençait à coûter beaucoup d’argent à ses enfants. Le procès a eu lieu et j’ai gagné l’euro symbolique que j’avais demandé. Seulement, j’ai été condamné à payer 45 000 euros pour avoir nui à l’image du club. J’ai fait appel et j’ai à nouveau gagné. J’ai le souvenir d’un coup de téléphone de Claude Dourthe, ancien dirigeant dacquois. Il m’avait dit ceci : « Qu’est-ce que tu t’emmerdes, paie les 45 000 euros. » Son fils Richard jouait à Bordeaux à ce moment-là. Ceci expliquerait cela. Ah, la famille dacquoise… J’en ai pris plein la gueule dans la presse et mon succès en appel n’a fait que trois lignes dans les journaux.
Et l’histoire s’est terminée ainsi.
Sauf qu’à un moment elle a eu des incidences graves sur ma vie de famille. J’étais à Perpignan, et le propriétaire qui avait lu les propos des frères Moga me demandant 740 000 euros a refusé de me louer la maison que mon épouse et mes enfants devions habiter. Au prétexte que je n’allais pas être solvable. Ma famille s’est retrouvée à la rue du jour au lendemain.. Cette souffrance personnelle était telle que j’aurais pu oublier ce qui m’était le plus cher au monde, mes enfants. Eux n’avaient rien demandé. Je me suis nourri de cette histoire. Ce ne fut pas une défaite, le match était truqué. J’en parle aujourd’hui très librement.
Avec de l’émotion dans la voix.
Bien sûr. C’était ma famille qu’on mettait dehors. J’étais en train de payer une erreur que je n’avais pas commise. On ne peut pas jouer avec l’humain de la sorte. Quand je me remémore cette histoire, je pense à Christophe Dominici et à son décès. Il a été gravement touché dans son amour-propre après la déception connue à Béziers. Il n’y était pour rien. Combien de grands sportifs ont explosé après être passés de la lumière aux ténèbres ? Je peux comprendre ce qu’a ressenti Christophe. S’il m’était arrivé la même chose, peut-être aurais-je eu la même réaction.
Laquelle, vous suicider ?
J’aurais pu, ça m’a effleuré. La blessure était profonde car liée à l’injustice d’avoir été sali et accusé à tort. Si je n’avais pas eu cette force de caractère...

JEAN-LUC GONZALEZ
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02 Jan 2021 22:43 #122928 par loub1
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Merci Francis

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25 Jan 2021 23:33 #123125 par Daxipedia
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Yann Tivoli, ancien pensionnaire du centre de formation (dacquois de 2012 à 2015) et actuellement un de nos adversaires au sein du Stade niçois, jouera l'an prochain à Aurillac (probablement en Pro D2 donc).

lamontagne.fr/aurillac-15000/sports/aurillac-engage-un-second-2e-ligne-pour-l-an-prochain-mais-perd-reece-hewat-sur-blessure_13906890/

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31 Jan 2021 12:32 #123157 par DALTON
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Info glanée sur le réseau Pèrnaboc, Jean Pierre Bastiat hospitalisé, je n'en sais pas plus...

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31 Jan 2021 19:53 #123177 par DALTON
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Info glanée sur le réseau Pèrnaboc, Jean Pierre Bastiat hospitalisé, je n'en sais pas plus...


A priori un AVC jeudi AM... info toujours sur Fessebouc...

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03 Fév 2021 09:11 #123189 par DALTON
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Jean Pierre BASTIAT vient de nous quitter RIP

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03 Fév 2021 09:40 #123190 par loub1
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Rip Monsieur Bastiat. Encore un grand joueur de l'US Dax qui nous quitte.

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03 Fév 2021 10:19 #123191 par Capet
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RIP, JPB un jour peut être la tribune en rentrant a droite portera ton nom ta carrière de très grand joueur le mérite.

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03 Fév 2021 11:10 #123192 par kekito
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Condoléances à sa famille.
Une grande perte pour le club et le rugby. Ainsi va la vie.
Et avec sa disparition c'est encore un peu de notre glorieux passé qui s'en va.

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03 Fév 2021 12:29 - 03 Fév 2021 12:29 #123194 par francis
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Rip Jean-Pierre Bastiat Condoléances à la famille et à la famille USD
Souvenir du ballon qu'il montre à Cantoni avec essai au bout pour la demi-finale 1973
Dernière édition: 03 Fév 2021 12:29 par francis.

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03 Fév 2021 13:31 #123195 par marcos
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Effectivement, JP BASTIAT faisait partie de ce passé glorieux du club, de celui de l'équipe de France de rugby (capitaine) et était aussi un acteur très influent de la vie sociale et politique de la ville de Dax.

On peut dire que cet homme avait certainement bien réussi sa vie sur terre ...

Condoléances sincères .

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03 Fév 2021 13:37 #123196 par bruno
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Très grosse tristesse ce matin. le sentiment de la fin de quelque chose. Un "énorme" joueur , toujours fidèle au club.
Un grand respect.
Condoléances à sa famille.

La chute n'est pas un échec,L'échec c'est de rester là où l'on est tombé (Socrate)

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