C'est curieux comme l'Histoire peut se montrer ironique. Vachardement ironique. Mais elle a de la mémoire, l'Histoire, et quand on rame contre le courant, on finit par se noyer, à moins qu'une surfeuse ne vienne vous proposer une planche de salut comme à la sortie d'une baïne ce dernier vendredi entre Vieux-Boucau et Messanges. Mais ça fait un bout de temps que le nageur dacquois patauge, et rien, ou pas grand chose pour les plus optimistes, ne permet d'espérer qu'il ne finisse au fond de la fontaine chaude.
Curieuse ironie en effet qui a permis à Albi d'enfoncer une bonne fois pour toute la tête de l'USD sous l'eau. Albi, dont les supporters nous avaient noyé il y a quelques années sous des tombereaux de merde en nous traitant de mafieux, de planqués, de pistonnés, alors que l'USD n'avait du son salut en Top14 qu'à la gabegie gestionnaire des Tarnais. Mais il est plus facile de chercher la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans le sien.
Le Top14, justement, ou plutôt, un peu plus tôt, le Top16, que l'USD avait quitté un soir pluvieux où Montauban était venu torpiller ses derniers espoirs de maintien, benoitement dirigée à l'époque par un Président Pécastaing qui avait déclaré que de toute façon il n'y avait pas de place pour le haut niveau et le professionnalisme à Dax. Et un Président Pécastaing justement remis en place à l'orée de cette saison qui devrait logiquement voir disparaitre l'USD du paysage professionnel rugbystique français. Joli bilan: Deux autolyses, deux descentes, et un résultat en accord avec ses convictions. Des larmes avaient coulé sur mes joues ce soir là, mais hier soir, mes glandes lacrymales avaient des airs de cales sèches, tant ce qui arrive semblait inéluctable depuis un bout de temps.
Mais je pense qu'il serait injuste de présenter celui qui va refiler la patate chaude à Jean-Christophe Goussebaire comme le seul responsable. L'USD est sur le tobogan infernal depuis le départ du traitre en cours de contrat, de celui qui l'a larguée avec le ballon pour aller courir le jupon d'une belle bleue à la demande du président de la FFR d'alors, et l'assentiment du Président Ponteins. Au lieu de pérenniser le club, de lui donner une assise stable et fiable, de renforcer l'acastillage, il a mis en marche un mécanisme d'autodestruction en confiant le gouvernail du sportif à des novices cooptés, remontés de la Chambre d'Amour par l'Adour et qui, chacun, par son inexpérience ou des expériences foireuses en matière de recrutement, ont contribué, année après année, patiemment, obstinément à couler ce qui devenait de plus en plus une véritable galère. Alors oui, Alain Pécastaing est encore là au moment du naufrage, mais je ne me permettrai pas de plonger le bouchon plus profondément en prétendant qu'il est le seul responsable. Mais force est de constater qu'il personnifie à lui seul une sorte de bouclage de la boucle.
Et puis, une dernière chose concernant les effectifs... Claude Dry et Sylvain Charlet vont être champions avec Pau. On va retrouver Rémy Hugues, Renaud Boyoud, Cédric Béal, Ratianidze, Sylvain Mirande, et, plus grave pour le club même si c'est en fait son propre intérêt qu'il a raison de défendre, Yoann Laousse chez les voisins Montois. Comme si en phagocytant cerains dacquois ou ex-daquois, le club de la Préfecture se préparait à changer de nom pour Stade Montois Rugby LANDES... Ce qui serait alors légitime, la Ruche devenant le dernier des Mohicans landais professionnels dans l'élite du rugby français. Simplement, au lieu d'un club bleu-blanc-vert, ou bien arlequin rouge-jaune-blanc et noir, les couleurs du SMRL seront les seules à flotter sur le département.
Peut-être que cette homélie vient un peu prématurément, alors qu'il reste une ultime bouée de sauvetage au marin rouge et blanc, mais on ne fait pas d'homélie sans casser des vieux. Ceux qui sont critiqués, interpelés depuis des mois, voire des années par certains mieux placés que moi pour le faire, mais il serait temps de rajeunir les éléments, de s'ouvrir aux grands vents venus d'ailleurs, de donner une respiration à ce vieux rafiot. Parce qu'aujourd'hui, je n'entrevois pas ce qui pourra permettre à l'USD d'en réchapper cette fois et de surnager. Quand bien même les gars pourraient ramener un résultat de Narbonne Queensland Méditerranée, imaginez que le coup de grâce final vienne à l'ultime journée d'un ultime coup de canon de Biarrots qui n'ont eu de cesse depuis des années de nous refiler du matériel déficient. Alors là, avouez qu'il il y aurait de quoi se bouffer je ne sais plus quoi, parce qu'en 6 ans de descente dans les abysses, on a eu le temps de se ronger les ongles, de se mordre les doigts, de voir nos bras tomber, de se bouffer les noix/roubignoles/couilles (rayer mentions inutiles), et maintenant, je ne vois plus ce qu'il peut rester pour nos pauvres chicots cariés.